27 mars 2007
La politique énergétique marocaine a tendances nucléaires...
Il
était temps, pour qu’une prise de conscience des enjeux de l’énergie électrique
soit ressentie chez nos responsables. Ces derniers semblent enfin être
convaincus que la maîtrise des coûts de l’énergie électrique peut constituer la
clé de voûte d’un développement tous azimuts. On assiste ces derniers temps à
des efforts remarquables du coté du gouvernement marocain et de l’office
national de l’électricité pour trouver des solutions à long terme au manque
énorme d’électricité au royaume chérifien.
Par ailleurs, les partenariats et
les projets en terme de production d’énergie renouvelable profilèrent. En
définitive, la volonté de l’ONE d’échanger son monopole contre une position de
régulateur est entrain d’insuffler une nouvelle énergie au secteur.
Toutefois, l’énergie électrique au
Maroc ne pourra pas prétendre jouer pleinement son rôle en l’absence d’une
structuration du secteur énergétique marocain. En effet, c’est la
multiplication des intervenants dont le ministère de l’Energie et l’ONE
constituent les principaux piliers, constitue une réelle entrave pour la mise
en œuvre de toutes les bonnes résolutions. L’harmonisation et la délimitation
des champs d’action des différents acteurs n’est pas encore mise en chantier.
D’autre part, le secteur reste
malheureusement dépendant en grande partie de quelques enjeux politiques,
notamment le problème du Sahara qui a retardé pour longtemps la construction
d’une centrale nucléaire pour des fins pacifiques au Maroc.
En Mars dernier, des dirigeants et
responsables russes d’Atomstroyexport ont entrepris une visite au Maroc ou ils
ont entamé des consultations avec les dirigeants de l’ONE en matière de la
construction de la première centrale nucléaire marocaine.
Egalement, et au cours de la préparation de la
construction de cette centrale tant attendu au Maroc, le Directeur de l’Office
Nationale de l’Electricité a effectué en Août 2007 une visite en Russie dans le
but de rencontrer les responsables de l'Agence atomique russe (ROSATOM) et du groupe
TVEL et de la holding Rosenergoatom pour d'éventuelles collaborations en
matière d'aide à la production d'énergies renouvelables et surtout avec le
manque que connaît le Maroc en ressources hydrocarbures.
Le Maroc ne disposant pas de sources
pétrolières, un charbon de Jrada totalement épuisé, des centrales
hydroélectriques produisant peu à cause d’une longue période de sècheresse et
une demande croissante en matière d’énergie électrique avec l'implantation des
grandes industries au Maroc dans le cadre du Plan Emergence et offshoring,
toutes ces raisons nous poussent à chercher des solutions à long terme dont la
construction d'une centrale nucléaire demeure la meilleure solution pour
répondre aux demandes en énergie électrique.
Le choix du site Sidi Boulbra pour
abriter la première centrale nucléaire du royaume est pris après 9ans de recherches et d'études
de faisabilités réalisées en partenariat étroit avec l'Agence internationale de
l'énergie atomique (AIEA) dont Elbaradai est le directeur général. Ces études
ont pris en compte les aspects techniques et économiques du projet, ainsi que
la sécurité, la protection de l'environnement, la participation de l'industrie
nationale et l'information publique. Les principales conclusions ont été
publiées dans un rapport final rédigé par des experts de l'AIEA. Le site de
Sidi Boulbra se trouve sur la côte atlantique, à mi-chemin entre les villes de
Safi et d'Essaouira, sur la rive nord de l'embouchure du fleuve Mzar.
Cette étape de construction d’une
centrale nucléaire s’est vue précédées de plusieurs années par la création au
Maroc du CNESTEN, le Centre National des Etudes Scientifiques et Techniques de
l’Energie Nucléaire. Ce centre a été créé suite à une décision royale de feu Sa
Majesté le Roi Hassan II en Novembre 1986. En effet, le CNESTEN a pour vocation
de promouvoir la recherche scientifique et l’application des techniques
nucléaires dans les différents secteurs socio-économiques du pays tel que la
médecine, l’industrie, l’environnement, l’agriculture et l’hydrologie.
Egalement il permet de préparer les bases technologiques nécessaires à
l'introduction de l'électronucléaire et constitue tout de même l'outil technique de l'Etat en matière de
sûreté et sécurité radiologique.
L’option nucléaire est inscrite
aujourd’hui dans le programme d’investissement national. La décision est prise,
mais la genèse des projets nucléaires est très longue. En effet, le Maroc qui
envisage lancer un appel d’offre international prochainement pour la
construction de la centrale nucléaire, s’estimera heureux de se doter de la
centrale d’ici fin 2017 à l’égard de la Tunisie, la Bulgarie et l'Iran.


